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Marionnettes
Dimanche 10 février > 17h

BLICK THÉÂTRE

Hullu

Spectacle à voir en famille !

Qu’est-ce que la différence ? Dans un contexte où l’uniformisation est de mise, où l’on norme tous les comportements, quelle place donner à cet “autre” qui nous ressemble, mais dont certaines aptitudes ou inaptitudes le rendent différent ?
Blick Théâtre nous dévoile un monde décalé, où les identités multiples se croisent, s’essaient au partage et aux relations humaines. En manipulant et se laissant manipuler par leurs marionnettes, les acteurs nous révèlent l’histoire “extraordinaire” d’une inconnue qui, lorsqu’elle se sent dépassée par le monde extérieur, trouve refuge dans sa tête : un ailleurs fantasque peuplé d’étranges personnages.
Le mouvement et la gestualité des corps deviennent un langage à part entière, un appareil communicatif vecteur d’autant d’émotions, d’intentions que de sens. Un travail sur la différence, pour mieux se comprendre et, à défaut de se ressembler, se rassembler.

Hullu signifie fou en finnois

En partenariat avec le Centre Simone Signoret de Canéjan et la ville de Cestas, dans le cadre du festival Méli Mélo

 

Conception : Johanna Ehlert
Mise en scène : Dominique Habouzit
Avec : Loïc Apard, Johanna Ehlert, Matthieu Siefridt & Élise Nicod
Texte : Loïc Apard, Johanna Ehlert, Sébastien Guérive, Dominique Habouzit, Thomas Maréchal & Matthieu Siefridt
Conseil illusion : Étienne Saglio
Conception-construction marionnettes & costume : Johanna Ehlert
Musique & son : Sébastien Guérive
Assistée de : Manon Dublanc & Élise Nicod
Confection costume : Sabrina Marletta
Construction : Patrick Konieczny & Steve Duprez
Régie générale & lumière : Thomas Maréchal

Production

Production : Blick Théâtre
Coproduction & accueil en résidences : l’Odyssée, scène conventionnée de Périgueux, Pronomade(s) en Haute-Garonne - centre national des arts de la rue, Dommelhoff – Theater op de Markt - Neerpelt (Belgique), Centre culturel et Ville de Ramonville, Théâtre du Vésinet - L’Archipel pôle d’action culturelle de la ville de Fouesnant-les-Glénan, Ax Animation- Ax-les-Thermes, Act’en Scène - La Bastide de Sérou, Théâtre du Fil de l’eau et Ville de Pantin.
Coproduction : Groupe Geste(s)
Avec le soutien de : Ministère de la Culture, DGCA, DRAC Midi-Pyrénées, Conseil Régional Midi-Pyrénées – aide à la création + dispositif Résidences Association, Conseil Général de la Haute-Garonne, Mairie de Toulouse, Adami.

Crédit photo : Arthur Bramao

1h

DÈS 8 ANS

 

Séances scolaires le lundi 11 février à 10h > accessible à tous aux tarifs habituels.

 

Tarifs : Loc A : 10 € | Loc B : 10 € | Loc C : 10 € | Loc D : 8 € 
Abt : 10 €

FRANCE CULTURE > TROIS COUPS

18/03/2014 (mis à jour le 22/01/2016 à 16:29)
Par Trois Coups

 

Bienvenue chez les fous !
Par Léna Martinelli Les Trois Coups.com | France Culture.fr

À l’affic he au Théâtre du Fil-de-l’Eau à Pantin, où il a été accueilli en résidence la saison passée, le Blick Théâtre présente « [Hullu] »en collaboration avec Le Mouffetard. À la croisée des disciplines, ce spectacle sur le handicap nous entraîne au-delà du raisonnable, dans l’antre de la folie. Tout un monde dépeint avec délicatesse, ingéniosité et poésie.

Il y a des gens ordinaires. Il y a des êtres biscornus. Ceux qui s’arrangent avec la vie et ceux qui dérangent. Mais qui sont les plus fous finalement ? Dans [Hullu] , les personnages à l’allure « normale » révèlent de profonds troubles, tandis que ces drôles de marionnettes ne sont pas si bizarres qu’elles en ont l’air. Et s’il fallait ne pas se fier aux apparences…

Après avoir dénoncé les ravages de la guerre sur les corps dans Court-miracles , les artistes du Blick Théâtre (anciennement appelé Boustrophédon) s’interrogent sur la différence. D’ailleurs, le spectacle est l’aboutissement d’une résidence au sein d’un foyer pour autistes. Avec le geste pour tout langage, le Blick Théâtre décrit donc ici les liens complexes au sein d’une communauté.

En scène, trois comédiens et plusieurs marionnettes. Tous cohabitent sans toujours se comprendre. Quand les personnages ne luttent pas contre leurs propres démons, ils doivent s’occuper des petits conflits du quotidien : pendant que le paranoïaque est aux aguets, la maniaco-dépressive est dépassée par des objets qui se dérobent. Quant aux autistes, ils n’échappent pas à leurs rituels, mais réalisent des exploits. Les uns défont ce que les autres construisent. Méthodiquement. À partir d’un impressionnant mur de cartons, certains tentent d’échafauder leurs rêves. Déjà maîtriser leur vie ! Mais c’est difficile de rentrer dans les cases. La pression sociale est forte : il vaut mieux éviter d’aller de travers et filer droit… Pourtant, de frictions en coups de mains, les gestes finissent souvent par s’imbriquer. Dans ce huis clos, si l’entraide survient souvent par accident, elle rompt la solitude. L’espace d’un instant.

Des marionnettes riches d’humanité

En finnois, Hullu est un terme péjoratif désignant les fous. En effet, dans notre monde où la norme prévaut, les êtres singuliers font peur. Or, le Blick Théâtre déjoue les faux-semblants pour changer les regards sur le handicap. Le recours à la marionnette se révèle un excellent moyen de questionner les frontières – parfois floues – entre le bizarre et le normal. Johanna Ehlert a conçu des marionnettes de petite taille, difformes, très expressives. Manipulées directement de l’intérieur par diverses parties du corps, elles prennent naturellement vie sous nos yeux, surtout que leurs pieds et leurs mains, réalistes, se confondent avec ceux des comédiens. Qui est le plus humain – et le plus fou – des deux ? Cette technique originale (« la marionnette corporelle ») permet de jouer constamment sur le vrai et le faux. Maîtrisée de bout en bout, elle est simplement bluffante. Et pour chambouler encore plus nos règles de perception, jonglerie et acrobatie créent des points de rupture, se jouent de l’équilibre.

Le Blick Théâtre pose un regard tendre, sans jugement aucun, sur ces autistes au grand cœur et ces êtres qui ont des cases mal éclairées. Il déchire notre camisole mentale pour révéler des mondes secrets, pleins de souffrances mais aussi de richesses. Des trésors intérieurs insoupçonnés. Bienvenue chez les fous !

Ce joli spectacle, sensible, ne semble toutefois pas complètement abouti. Avec à peine dix représentations, le spectacle est encore frais. On se laisse volontiers emporter, mais l’ensemble manque de nerf. Surtout, le dénouement arrive trop vite, quand les portes de l’imaginaire, enfin entrouvertes, laissaient augurer d’autres belles trouvailles. Sans doute que les nœuds de nos existences ne peuvent pas disparaître comme par magie. ¶

Léna Martinelli

Galerie photos