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Théâtre
Dimanche 9 décembre > 17h

NATHALIE PAPIN - KARELLE PRUGNAUD - COMPAGNIE L’ENVERS DU DÉCOR

Léonie et Noélie

Spectacle à voir en famille !

Léonie et Noélie ont seize ans et sont jumelles. Karelle Prugnaud à la mise en scène, aime convoquer la citation de Michel Tournier dans la préface de son livre Les météores : « Il était une fois deux frères jumeaux, Jean et Paul. Ils étaient si semblables et si unis qu’on l’appelait Jean-Paul. »
Celle-ci résonne bien avec l’idée de fusion ultime : chacun des deux jumeaux est alors conçu comme la moitié d’un unique individu.
Ces deux jeunes soeurs, viennent d’un milieu si modeste qu’elles partagent un cartable et une seule et même paire de chaussures... Toutes deux se préparent à devenir adultes : l’une en apprenant le dictionnaire par coeur pour être libre de penser, l’autre en s’entraînant à sauter des toits, en domptant le vide, pour être libre d’agir.
Le texte de Nathalie Papin, Grand prix de littérature dramatique jeunesse en 2016, est une méditation sur l’autre, son miroir, mais aussi sa solitude et sa soif de distinction.

 

  « Cela nous raconte aussi le désir qu’un enfant a de s’extraire de son milieu lorsque ses rêves ne peuvent s’y déployer correctement. [...] Cela signifie se jeter dans le vide... C’est aussi une manière de faire plus confiance aux mots qu’aux adultes. » Nathalie Papin

 

Bord plateau : rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation

 

Avec le concours de la Région Nouvelle-Aquitaine

et en co-réalisation avec l'OARA - Office Artistique de la région Nouvelle Aquitaine

Texte : Nathalie Papin
Mise en scène : Karelle Prugnaud
Avec : Daphné Millefoa, Justine Martini, Simon Nogueira, Yoann Leroux
À l’image : Claire Nebout, Denis Lavant, Bernard Menez, Yann Collette, Aliénor Touzet, Apolline Touzet
Scénographie : Thierry Grand
Costume & assistant à la mise en scène : Antonin Boyot-Gellibert
Création vidéo : Tito Gonzalez, Karelle Prugnaud
Création lumière & régie générale : Emmanuel Pestre
Création son & régie : Rémy Lesperon
Captations, montage & régie vidéo : Tito Gonzalez

Production

Administration de production : Fabien Méalet
Diffusion / production : Caroline Namer
Accompagnement de production : Roger Leroux
Production : Compagnie l’envers du décor

Coproductions : Festival d’Avignon, La Rose des Vents – Scène nationale Lille Métropole - Villeneuve d’Ascq, Scène nationale Tulle / Brive, DSN - Dieppe Scène Nationale, Le Grand T – Théâtre de Loire Atlantique, la Coursive – Scène nationale La Rochelle, Théâtre des Quatre Saisons – Scène conventionnée de Gradignan, Scène nationale d’Aubusson, Scène nationale d’Albi, le Gallia Théâtre – Scène conventionnée de Saintes, L’Espace des arts – Scène nationale Chalon sur Saône.
Avec le concours de : Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Nouvelle-Aquitaine.
Texte lauréat de la Commission nationale d’Aide à la création de textes dramatiques – Artcena. Ce texte a reçu le Grand prix de littérature dramatique jeunesse 2016 – Artcena. Avec l’aide de la CCAS - les Activités Sociales de l’Energie.
Avec le soutien de : Chantier Théâtre – Compagnie Florence Lavaud.

 

Crédit Photo : Martin Baebler

1h

DÈS 8 ANS

 

Séances scolaires le lundi 10 décembre à 10h > accessible à tous aux tarifs habituels.

 

Tarifs : Loc A : 10 € | Loc B : 10 € | Loc C : 10 € | Loc D : 8 € 
Abt : 10 €

Théâtre du blog
Festival d’Avignon : Léonie et Noélie de Nathalie Papin, mise en scène de Karelle Prugnaud
par Mireille Davidovici / juillet 18

Qu’est-ce que la stégophilie ? Léonie le sait, qui apprend le dictionnaire par cœur. C’est justement la passion de sa sœur jumelle Noélie : l’escalade des toitures.
Elles ont seize ans, et nées du même œuf ou zygote, comme se plaît à le dire Léonie. Orphelines, elles ont incendié le foyer qui les recueille, de peur d’être séparées. Grimpées sur les toits, elles contemplent leur méfait. Par un jeu de miroir, l’amoureuse des mots et la funambule vont au bout de leur passion, à la fois semblables et différentes. Elles n’ont pas froid aux yeux !

Avec Léonie et Noélie, Nathalie Papin, autrice majeure de théâtre-jeunesse (Mange-moi, Le Pays de Rien, Quand j’aurai mille et un ans...), aborde le thème de la gémellité : « J’ai souhaité interroger ma mère sur le rapport qu’elle entretenait avec sa propre jumelle. Beaucoup de réécritures, à la suite de cette discussion entre ma mère et moi, s’en sont suivies, mais Léonie et Noélie m’est apparue comme la version la plus libre, la plus dégagée de son récit personnel.»
Ici, les jumelles ont seize ans. L’âge de s’émanciper et de se distinguer. Un dénommé Mattias, lui aussi stégophile, dont on perçoit la présence, permettra cette nécessaire séparation, après une rivalité apparente entre les sœurs. « Si tu dis le dernier mot du dictionnaire, on se sépare, dit Léonie. Nos rêves sont déjà séparés, lui répond Noélie.»

« Ces personnages, remarque Karelle Prugnaud, nous posent aussi la question du «n’être qu’un». C’est toute une réfexion autour de l’émancipation et de l’identité qui est au travail. Si, d’un seul coup, chacune d’elles a accès à elle-même, que lâchent-elles?». La metteuse en scène se saisit du texte de Nathalie Papin à bras-le-corps, tout en en respectant la délicatesse et la dimension onirique. Des plumes blanches, puis des images du ciel où parmi les nuages, fottent des cellules et des fœtus, accueillent les spectateurs. Sur des écrans côté cour et côté jardin, des représentants
de l’autorité apparaissent de temps à autre : mère, professeur, juge, policier... pour délivrer un discours répressif.
Acrobate et performeuse, Karelle Prugnaud donne du champ au jeu des comédiennes, avec ces images excentrées ; elle a aussi confié à deux freerunners (sauteurs d’obstacles), le rôle de Matthias.

Perchées sur une structure métallique à plusieurs paliers, Justine Martini et Daphné Millefoa racontent leurs aspirations, leurs rêves et leurs souffrances. La Chapelle des Pénitents blancs, toujours diffcile à habiter, a inspiré à Thierry Grand un décor tout en hauteur où Mattias, (Simon Nogueira et Yoann Leroux), déambule au-dessus du vide, cabriole, et se glisse dans les interstices. Diablotins facétieux, ces circassiens omniprésents sont invisibles pour les fillettes.
Coiffées et habillées à l’identique, à la mode des écolières japonaises, les adolescentes parcourent cette structure comme une passerelle vers leur émancipation: « Moitié grandes, moitié petites. (...) On est des doubles et des moitiés.» Elles partagent l’absolu de l’enfance, et le vertige devant l’avenir.

La musiquede Rémy Lesperon passe d’une plénitude douce, à des moments de chaos. Et à la fn, les acrobates se transforment en anges : l’un noir, l’autre blanc... La force des mots et celle des images se conjuguent pour une heure de plaisir. On se réjouit de voir un spectacle jeune public, programmé dix jours de suite dans le festival in, et d’une qualité telle qu’il plaît aux enfants comme aux adultes venus nombreux...

Mireille Davidovici

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