Vous êtes ici

  • Augmenter
  • Diminuer

Current Size: 100%

Théâtre
Jeudi 24 janvier (au Lycée des Graves) & vendredi 25 janvier (au T4S) > 20h15

Texte de Jérôme Ferrari / Adaptation et mise en scène : Julien Fišera

Un dieu un animal

 

L’histoire se passe de nos jours : un jeune homme rentre chez lui en Corse après qu’ait tourné court une mission militaire au Proche-Orient. Il se met en quête de retrouver son amour de jeunesse. Mais Magali, qui travaille comme chasseuse de têtes pour un grand groupe et pour qui la violence des rapports humains est aussi le lot quotidien, ne peut rien face à ce que le jeune homme est devenu.

Ecrit à la deuxième personne du singulier, le roman tresse une double narration : celle du jeune homme et celle de Magali. Réunis ensemble, ces deux fils dressent le portrait d’une jeunesse française d’aujourd’hui. Dans une langue puissante et lumineuse Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012 et lauréat du prix littéraire Le Monde 2018, s’aventure sur le passage à l’âge adulte et décrit la violence qui est faite à cette jeunesse. Comment s’inscrire dans ce monde qui ne nous tend pas les mains ? Comment aimer dans un monde violent ? Le spectacle, présenté au plus près du public et porté par deux jeunes comédiens, tourne autour de la question de l’engagement mais aussi de l’espoir. Ce sentiment qui ne nous laisse pas en repos et qui nous pousse sans cesse à chercher à nous dépasser. L’espoir que les choses peuvent encore changer.

 

  « Peut-être suis-je enfermée dans une vie si minuscule que toutes les issues par lesquelles je pourrais m'échapper de moi-même sont maintenant murées.  »

Jérôme Ferrari, Un dieu un animal

 

Bord plateau : rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation

 

 

Adaptation et mise en scène Julien Fišera

Collaboration artistique Nicolas Barry
Espace François Gauthier-Lafaye
Lumières Kelig Le Bars
Vidéo Jérémie Scheidler
Costumes Benjamin Moreau
Musique Olivier Demeaux / Accident du travail
Ecriture des mouvements Thierry Thieû Niang

Avec Ambre Pietri et Martin Nikonoff

Le roman Un dieu un animal est édité chez Actes-Sud, 2009.

 

Photos © Simon Gosselin

 

Avec le soutien de l'Onda - Office national de diffusion artistique

Production

Production Compagnie Espace commun. Coproduction Les Tréteaux de France – Centre dramatique national. Accueil en résidence et coproduction : L’Atelier du Plateau. Soutien en production : Das Plateau aux Ulis – Espace culturel Boris Vian. Le spectacle a reçu l’aide à la résidence de la Ville de Paris, l’aide à la création de la Région Île-de-France et bénéficie de la participation artistique du Jeune théâtre national.
Résidence de création : Théâtre Paris-Villette. Avec le soutien des Plateaux Sauvages, de la Maison des Métallos, du Carreau du Temple pour la résidence de création.
La compagnie bénéficie aussi du soutien de la DRAC Île-de-France au titre de l’aide à la résidence territoriale artistique et culturelle en milieu scolaire.

1h05

Tarifs : Loc A : 18 € | Loc B : 14 € | Loc C : 12 € | Loc D : 8 € 
Abt : 14 €

 

LA PRESSE EN PARLE

 

« Un dieu un animal », transposition enivrante d’un texte splendide

Pour celui qui ne connaît pas les romans de Jérôme Ferrari, Prix Goncourt pour Le Sermon sur la chute de Rome, l’écoute de cette adaptation d’Un dieu un animal peut apparaître comme une révélation : on y découvre un style fort, qui rend les mots habités par un souffle physique et impressionnant, et sait faire surgir des paysages crus et beaux au détour des phrases.

Le récit de ce texte narratif s’attache à un homme encore jeune, de retour en Corse après de dramatiques aventures en tant que mercenaire pendant la Guerre d’Irak. Et à son monde natal qu’il essaye de reconstituer, quand son esprit ne vagabonde pas du côté des envies de mort… Cet argument se trouve magnifiquement transfiguré par le style d’écriture, et par la capacité de l’auteur à se montrer jusqu’au-boutiste dans les situations qu’il décrit.

Chance : les deux interprètes de l’adaptation proposée par la Compagnie Espace Commun trouvent la parfaite hauteur pour s’approprier ces mots. Ils ancrent tous deux leurs corps à la présence impressionnante dans cette matière textuelle vaste et très vivante, et l’incarnent avec beaucoup d’humanité et de force. Lorsque Martin Nikonoff passe d’une temporalité à l’autre, de l’enfance aux crimes commis, de la Corse à l’Irak, de ses ravages intérieurs au destin d’un poète décapité, il convoque une foule d’images, de façon limpide, sans rien forcer.

Quand Ambre Pietri raconte le chemin fait par l’amour de jeunesse du personnage principal, elle impressionne par son énergie et par la tristesse sourde qui l’anime. Ces deux interprètes parviennent à suggérer une impressionnante foule de mondes et de thèmes, contenus dans le roman, et prêts à faire vibrer les sentiments et la réflexion.

Simplicité et évocation

Frontale, simple, très évocatrice, la mise en scène de Julien Fisera évite de montrer, et convoque des effets très simples qui suffisent à faire voyager, avec la musique bien dosée d’Olivier Demeaux en arrière-plan. Le travail sur la lumière (due à Kelig Le Bars), suggère ainsi les atmosphère à coups de glissements infimes. Dans ce cadre, ce récit tiré des pages écrites par Jérôme Ferrari devient une fable vaste, aux scènes terriblement humaines, aux thèmes bien actuels.

Et dans un espace comme celui du Centre dramatique de quartier L’Atelier du Plateau (situé dans le 19e à Paris), le décor sobre qui encadre ces interprètes, jouant proches du public, participe au sentiment de communion et d’identification. D’ailleurs, à leur entrée sur scène au départ (au sein de l’espace imaginé par François Gauthier-Lafaye), les deux comédiens s’adressent à nous, à la première personne. Contant deux-trois souvenirs sont on ne sait s’ils sont tirés du livre, eux…

Et le spectacle, prévu en grande partie pour être joué dans un cadre scolaire, fait au final une impression profonde : les scènes qu’il peint restent en mémoire. Elles parlent à notre humanité, tant et si bien qu’on les garde en tête, pour les recroiser un jour dans nos pensées, sans doute.

Geoffrey Nabavian pour toutelaculture.com

Galerie photos