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EXPOSITIONS 2020-2021

 

Si le T4S est principalement dédié au spectacle vivant, dautres formes artistiques y trouvent leurs places au fil des saisons, et notamment la photographie. Ainsi vous pourrez découvrir cette année :

 

DE JANVIER À MARS 2021
Du lundi au vendredi de 14h à 18h, et les soirs de représentations.

 

JOSEF NADJ \ PHOTOGRAPHE INVITÉ DU T4S

« Se demander ce que c’est que de faire une photo et qu’est-ce qu’elle représente. […] Avec quelques accessoires, quelques mouvements, on peut réfléchir ensemble à ce qu’une image du présent contient du passé, et quelles sont les relations possibles, les fuites possibles. »

Josef Nadj

Chorégraphe d’origine hongroise, Josef Nadj a construit un univers imprégné de littérature et de poésie, empruntant à la nature, à la peinture, aux mythologies et cultures orientales leurs beautés légendaires et leur folklore iconique. En parallèle, il parcourt les arcanes d’une autre forme artistique, d’un autre médium sensible : un second engagement esthétique où se décèle aussi ce désir, similaire, de saisir le monde dans son existence, d’en capturer ses apparitions, ses « irruptions visuelles » et en faire de minces témoignages de l’Histoire, de l’Homme et du Temps. Une pratique photographique corollaire d’une certaine conception de l’art chorégraphique, dramatique, car il s’agit toujours de créer et penser un autre monde, « un monde à part du monde. Un monde de plus », ce « monde de la suppléance » selon Jacques Derrida. Car l’univers du Théâtre, et toutes les formes d’art qui s’y produisent, à l’instar de la photographie ou de la peinture, n’est-il pas un monde de la suppléance : un nouveau monde qui remédie à une insuffisance par le rajout ou le remplacement, la correction, la mise en exergue ? Une démonstration par le biais d’une proposition ? Son « propre monde restreint » nous affirme Nadj, « pour mettre en valeur des présences ».

Mais aussi « réfléchir sur l’image du présent qui contient du passé » ! Interroger ce processus insolite qui consiste à convertir le monde en image, faire passer ce monde commun – que l’on considère si facilement dans son entier – à une seule image, représentative ou allusive : un fait d’imagement, pour reprendre le terme de l’écrivain et poète Jean-Christophe Bailly. Interroger l’instant photographique qui capture un présent, et l’enjoint déjà au passé.

C’est bien ce que la photographie fait au temps, ce qu’elle impose à l’histoire. Ce sont là ces « relations possibles », ces « fuites possibles » entre les temporalités, les souvenirs, la mémoire. C’est aussi ce que le photographe Joseph Nadj fait de l’événement de la nature, d’un objet, d’un phénomène. Il en créait des « image-suspens » en dehors du fil du temps, les nomme et les montre dans l’empreinte photographique. Des prélèvements du monde…

« Photographier, c’est conférer de l’importance » nous disait Susan Sontag. Donner de l’importance à un mur desquamé, à une partie de papier peint où s’est inscrit un dessin géométrique insaisissable, à un cabanon délaissé, une ferme abandonnée, un mur en disparition, à une ombre portée sur un sol végétal, à un détail de corrosion ou à un objet désuet…

Autant de fragment du monde, de séquences du temps et du visible, que Joseph Nadj saisit, fixe, rend éternels dans l’archivage photographique. « Regarder le travail du temps sur la matière » nous informe-t-il, à travers des « pérégrinations dans des lieux de contemplation, voire de méditation actuelle ». Conserver le temps, donc, ne jamais l’omettre, ne pas négliger une beauté ordinaire en l’obligeant à l’absence d’une mémoire.

Par extension, peut-être, se retrouve ici le geste antique de Callirrhoé, jeune fille de Corinthe, « fille de Dibutade », qui, à la lueur d’une lanterne, conjure une absence à venir, celle de l’amant qui partira en mission. Geste premier de l’imagement ? Geste premier de l’ « œil de l’histoire », de son observation, sa captation, sa résistance au temps ?

Retenir l’image, simple ambition mythologique, motif inaltérable des arts, principe même du jeu photographique auquel nous convient les photographies argentiques de Joseph Nadj. Une saisissante interrogation sur le temps, sur la matière, sur l’art du regard.

Jérémy Tristan Gadras

 

 

AVRIL 2021
Du lundi au samedi de 14h à 18h, et les soirs de représentations.

 

30 ANS ITINÉRAIRES DES PHOTOGRAPHES VOYAGEURS

 

À l’occasion du trentième anniversaire du festival Itinéraires des Photographes Voyageurs, le T4S accueillera une des expositions lauréate tout le mois d’avril // www.itiphoto.com